2014, l’année du dégel pour SVOM

2014, l'année du dégel pour SVOM

Depuis plusieurs années, chercheurs, ingénieurs et techniciens de l’IRAP (Université Paul Sabatier de Toulouse & CNRS) s’impliquent dans la mission franco-chinoise SVOM (Space-based multiband astronomicalVariable Objects Monitor) dont l’objectif consiste à détecter puis étudier les sursauts gamma, ces intenses bouffées de photons hautement énergétiques générées par des phénomènes cosmiques catastrophiques. Jean-Luc Atteia, astronome à l’IRAP, fait le point sur la contribution majeure de l’IRAP à la mission SVOM pour laquelle 2014 s’annonce comme l’ « année du dégel ».

2014, l’année du dégel pour SVOM

Pour la mission SVOM, l’année 2014 restera celle du dégel. Les décisions prises au niveau gouvernemental en mars, puis au niveau des agences spatiales en août, ont permis de relancer cette belle mission d’étude des sursauts gamma, après une longue période de gel du projet.

Suite à ces avancées, deux réunions importantes pour le redémarrage de la mission (kick-off meetings) se sont tenues en septembre, l’une à Toulouse au CNES et la seconde en Chine à Shanghai. Ces réunions ont officialisé le lancement d’une phase d’études détaillées (Phase B) qui se déroulera sur 22 mois et se conclura par une revue (Preliminary Design Review ou PDR). Le passage de cette revue devrait permettre de démarrer la fabrication des instruments et, à plus long terme, de lancer la mission SVOM fin 2021. A cette date SVOM sera le satellite en activité le plus puissant pour la détection des sursauts gamma.

La mission SVOM

La mission SVOM est une mission menée dans le cadre d’une collaboration bilatérale entre la France et la Chine. Son objectif est l’étude détaillée des sursauts gamma, intenses bouffées de photons de haute énergie, attribuées à des phénomènes cosmiques catastrophiques, comme l’explosion d’étoiles très massives ou la fusion de deux étoiles à neutrons.

La spécificité de cette mission repose sur l’observation multi-longueur d’onde des sursauts gamma. A bord du satellite seront associés quatre instruments : un spectro-imageur gamma qui déclenchera l’alerte du sursaut (ECLAIRs), un ensemble de détecteurs gamma fonctionnant à plus haute énergie (GRM), un télescope X (MXT) et un télescope opérant dans le mode visible (VT).  Grâce à ses télescopes spatiaux, SVOM donnera la position des sursauts en temps quasi réel via un réseau d’antennes VHF placé judicieusement sous la trace du satellite à la surface du globe. Cette information sera alors relayée à un ensemble de télescopes robotiques au sol. Deux télescopes, un placé en Chine l’autre au Mexique, prendront alors le relais afin d’affiner la position et d’évaluer la distance du sursaut. Quelques minutes seulement après l’explosion, toute l’information sera disponible pour que l’événement soit observé par les télescopes de 8 à 10 mètres équipés de puissants spectrographes.

SVOM et l’IRAP

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Le projet SVOM est une coopération entre l’agence spatiale chinoise (CNSA), l’Académie des Sciences chinoise (CAS) et le CNES, qui assure la maîtrise d’œuvre des fournitures françaises. Les laboratoires chinois et français impliqués dans la mission SVOM sont: le NAOC et l’IHEP à Pékin, le XIOPM à Xi’an, le SECM à Shanghai, le CEA-Irfu à Saclay, l’IRAP à Toulouse, l’APC à Paris et le LAM à Marseille. La contribution française comprend deux instruments embarqués : ECLAIRs et MXT, le réseau d’antennes du système d’alerte VHF et le centre scientifique français.

L’IRAP jour un rôle clé dans la préparation de la mission SVOM en assurant plusieurs responsabilités techniques et scientifiques: responsabilité scientifique de l’instrument ECLAIRs, réalisation du plan de détection de ECLAIRs,Instrument Centerde ECLAIRs, contribution au pipeline d’analyse des données de MXT et contribution à la réalisation d’un télescope équipé d’une caméra infrarouge pour le suivi au sol des sursauts gamma.

Les objectifs poursuivis par la mission SVOM sont au cœur des activités scientifiques de l’IRAP, puisqu’il s’agit d’observer la naissance des trous noirs produits dans les explosions d’étoiles massives et les phénomènes physiques violents qui l’accompagnent. SVOM est aussi très attendu pour confirmer la nature astrophysique des signaux qui seront détectés par la nouvelle génération de détecteurs d’ondes gravitationnelles en cours de construction.

Ressources complémentaires

Contact IRAP :

  • Jean-Luc Atteia, Jean-Luc.Atteia@irap.omp.eu

Auteur : Jean-Luc Atteia

Date : 08/10/20142014/10/08

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