Un peu de vocabulaire

Un peu de vocabulaire

Effets et biais de genre

L’effet de halo consiste en la réalisation d’une généralisation erronée à partir d’une seule caractéristique, ou qualité, d’un objet ou d’une personne. C’est-à-dire que nous réalisons un jugement à partir duquel nous présumons du reste des caractéristiques du sujet évalué. (pour aller plus loin)

L’effet Matilda désigne le déni ou la minimisation récurrente sinon systémique de la contribution des femmes scientifiques à la recherche, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins (ce qu’en dit Wikipedia). Ce dénommé effet Matilda a été énoncé (1993) par une historienne des sciences, Margaret W. Rossiter, qui étudiant l’effet Matthieu, observe que ce phénomène est décuplé lorsqu’il s’agit de femmes scientifiques. (pour aller plus loin)

L’effet menace du stéréotype correspond à une baisse de performance de l’individu lorsqu’il a peur de confirmer un stéréotype négatif associé à son groupe d’appartenance supposé.

Le boys’ club est un lieu ou une structure investie par des hommes. C’est une figure de réseautage. Les femmes peuvent y avoir accès mais le coût d’entrée est plus important.

Le syndrome queen bee ou reine des abeilles illustre le comportement de certaines femmes parvenues à une position d’autorité qui s’opposent à des mesures d’égalité, se distanciant et se désolidarisant de leurs subordonées de sexe feminin, considérant que celles-ci n’ont pas fait les mêmes sacrifices qu’elles même.

La métaphore du tuyau percé décrit le fait que, dans les disciplines scientifiques, les femmes restent sous-représentées aux postes à responsabilités, malgré leur nombre croissant. Ainsi, les anglophones parlent du leaky pipeline. Au fil du cheminement formation (baccalauréat, maîtrise, doctorat, postdoctorat), recrutement (MCF, CR), promotion (PU, DR), les femmes disparaissent.

Le travail domestique académique correspond aux tâches sous-qualifiées et donc sous-évaluées qui sont dévolues de préférence aux jeunes recrues ou… aux femmes.

Un monde de verre

Le « plafond de verre » est une métaphore qui désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes comme les femmes ou certaines minorités.

L’indice de plafond de verre (GCI – Glass Ceiling Index) est un indice relatif comparant, par niveau, la proportion de femmes avec la proportion de femmes occupant des postes supérieurs.

L’indice d’avantage masculin (IAM) est défini comme le ratio entre la proportion de rang A hommes parmi les chercheurs/enseignants-chercheurs hommes et la proportion de rang A femmes parmi les chercheuses/enseignantes-chercheuses. Cet indice a été introduit par le CNRS dans son bilan social.

La notion de « plancher collant » vient compléter celle plafond de verre. Elle peut être décrit être décrite comme le schéma selon lequel les femmes sont, par rapport aux hommes, moins susceptibles de commencer à gravir l’échelle des emplois, notamment à cause de la sphère privée qui mobilise davantage les femmes que les hommes Plus de temps à la maison, c’est donc moins de disponibilité pour la sphère professionnelle.

Un phénomène parallèle appelé « escalator de verre » a également été reconnu. Au fur et à mesure que les hommes rejoignent des domaines qui étaient auparavant dominés par les femmes, comme les soins infirmiers et l’enseignement, les hommes sont promus et se voient offrir plus d’opportunités que les femmes, comme si les hommes prenaient les escaliers mécaniques et les femmes les escaliers. Le graphique de Carolyn K. Broner montre un exemple de l’escalade de verre en faveur des hommes pour les professions à prédominance féminine dans les écoles. Alors que les femmes ont historiquement dominé la profession d’enseignant, les hommes ont tendance à occuper des postes plus élevés dans les systèmes scolaires, comme les doyens ou les directeurs d’école.

La « falaise de verre » est le phénomène selon lequel les femmes occupant des postes de direction, comme les cadres dans le monde des affaires et les candidates aux élections politiques, sont plus susceptibles que les hommes d’accéder à des postes de direction pendant les périodes de crise ou de ralentissement économique, lorsque le risque d’échec est le plus élevé.

Harcèlement

Le harcèlement moral se manifeste par des agissements répétés susceptibles d’entraîner, pour la personne qui les subit, une dégradation de ses conditions de travail pouvant aboutir soit à une atteinte à ses droits et à sa dignité, soit à une altération de sa santé physique ou mentale, ou encore à une menace pour son évolution professionnelle.

Le harcèlement sexuel se caractérise par le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste, qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.
Est assimilée au harcèlement sexuel toute forme de pression grave (même non répétée) dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel, au profit de l’auteur des faits ou d’un tiers.
Dans les 2 cas, le harcèlement sexuel est puni quels que soient les liens entre l’auteur et sa victime, même en dehors du milieu professionnel (harcèlement par un proche, un voisin….).

Le harcèlement sexuel peut consister en un harcèlement environnemental ou d’ambiance, où, sans être directement visée, la victime subit les provocations et blagues obscènes et vulgaires qui lui deviennent insupportables. (CA Orléans, n° 15/02566, 7 février 2017)

Le harcèlement discriminatoire inclut tout agissement lié  à [un motif prohibé], subi par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. (Loi n°2008-496 du 27 mai 2008)

L’effet du témoin est un phénomène psychologique social dans lequel les individus sont moins susceptibles d’offrir de l’aide à une victime lorsque d’autres personnes sont présentes. Plus le nombre de spectateurs est élevé, moins il est probable que l’un d’entre eux puisse aider

Sexisme

Le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes, d’une part, et d’autre part, un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques) aux plus graves (viols, meurtres). Ces manifestations ont pour objet de délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des effets sur elles (estime de soi, santé psychique et physique et modification des comportements) HCE – Janvier 2019.

Constitue un outrage sexiste le fait, hors les cas prévus aux articles 222-13, 222-32, 222-33, et 222-33-2-2, d’imposer à une personne tout propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de son caractère dégradant ou humiliant, soit crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.  (Article 621-1 du Code pénal).

Man… something

mansplaining quand un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, voire dont elle est experte, souvent sur un ton paternaliste ou condescendant. Si le mot est nouveau (il semble dater de 2008), le concept, lui, est ancien. Dans un petit livre intitulé « Men explain things to me », Rebecca Solnit racontait par exemple, comment, à une soirée, un homme lui avait fait la leçon sur un livre qu’il n’avait de toute évidence pas lu… sans savoir que c’était elle qui l’avait écrit.

Manterrupting est un terme inventé début 2015 par Jessica Bennett dans un article[1] paru dans Time. Bennett définit le terme comme « l’interruption inutile d’une femme par un homme ». Lors des débats présidentiels américains de 2016, le terme a été appliqué au candidat Donald Trump, qui a interrompu Hillary Clinton des dizaines de fois au cours du premier et du deuxième débat.
[1]How not to be ‘manterrupted’ in meetings
Quand une physicienne– cosmologiste experte ne peut pas en placer une.

Le bropropriating est un des nombreux biais inconscients qui entretiennent dans les esprits l’idée que les propos tenus par un homme ont plus de poids.  Ici, on parle de femmes qui se font déposséder de leurs idées par des hommes qui les reprennent à leur compte (effet Matilda).

https://le-mot-juste-en-anglais.typepad.com/.a/6a010535f04dfe970b01b7c95dfca5970b-pi

manderstanding quand des plaisanteries ou des blagues que seuls les hommes comprendront ou accepteront s’échangent laissant toutes les femmes dans la confusion et l’exclusion.

manslamming quand un homme bouscule, ignore ou refuse de céder la place à une femme dans l’espace public.

manspreading est un néologisme utilisé pour décrire un homme assis dans les transports publics avec les jambes écartées, couvrant ainsi plus d’un siège. Par opposition, le terme hagbagging est utilisé pour désigner les femmes qui utilisent un siège supplémentaire dans les transports publics pour leurs bagages ou autres effets personnels.

Que répondre à votre beau-frère qui pense que le manspreading n'existe pas ?

Blurring

pour la journée qui ne s’efface jamais ou vivre un effacement progressif de la frontière entre vie professionnelle et vie privée….
blurring  vient du verbe anglais to blur qui veut dire estomper, effacer. Le blurring c’est la confusion entre la vie personnelle et la vie professionnelle : la limite entre les deux devient de plus en plus floue, elle s’estompe. Ce phénomène du blurring est en grande partie dû aux nouveaux outils nomades de travail. En cas de télétravail, on augmente ce risque d’envahissement de la sphère intime par les exigences professionnelles.

Langage non sexiste, inclusif ou épicène

Le terme langage inclusif désigne un langage qui n’exclurait personne pour motif de sexe, d’âge, d’origine ethnique ou d’orientation sexuelle. Le langage inclusif est différent du langage neutre. Le langage neutre ou épicène vise à remplacer des termes masculins par des termes neutres. Les pratiques pour un langage non sexiste, inclusif ou épicène portent sur trois aspects:

  • accorder les noms de métiers et de fonctions au genre de la personne qui l’occupe ;
  • utiliser des expressions non sexuées, comme « les droits humains » ;
  • utiliser les deux formes grammaticales. Pour cela, il existe deux possibilités :
  • faire figurer les deux formes comme « elles et ils partent en vacances », « he or she » ;
  • utiliser à l’écrit une forme liée par un point, un tiret, une barre oblique, une majuscule, etc. comme « ami·e » « participant·e ».

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