Les étoiles massives font des vagues

La Voie Lactée compte environ 100 milliards d’étoiles dont la majorité se sont formées quand notre galaxie avait la moitié de son âge actuel. Au cours du temps, le rythme de formation des étoiles s’est considérablement ralenti dans notre galaxie. Des chercheurs du CNRS et leurs collègues internationaux1 apportent une explication inédite à ce phénomène en montrant que les vents stellaires dégagés par les étoiles massives perturbent les nuages de gaz dans lesquels se forment les étoiles comme le Soleil, ralentissant ainsi leur formation. Grâce à l’observatoire SOFIA de la NASA, les scientifiques ont cartographié « l’empreinte » laissée par les vents stellaires sur les nuages de gaz de la nébuleuse d’Orion (voir image). Ils ont en particulier pu mesurer avec une précision inédite la quantité d’énergie déposée dans le nuage. Ces résultats révèlent que l’influence des vents stellaire est même supérieure à celle des supernovae, réputées pourtant comme les phénomènes les plus violents de l’Univers. L’étude est publiée le 7 janvier 2019 dans la revue Nature.

Image à haute résolution de la nébuleuse d’Orion obtenue avec l’observatoire SOFIA. Sur chaque pixel de l’image, une mesure de la vitesse du gaz a été effectuée, permettant de calculer l’énergie déposée par le vent de l’étoile massive (dont la position est indiquée par le symbole) dans le nuage de gaz.

1 Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université Toulouse III Paul Sabatier), Institut de Radioastronomie Millimétrique, Leiden Observatory, Institute of Physics – University of Cologne, Instituto de Física Fundamental (CSIC), Telespazio Vega UK Ltd for ESA/ESAC, Universities Space Research Association/SOFIA, NASA Ames Research Center, Department of Astronomy – University of Maryland and Max-Planck Institute for Radio Astronomy.

Ressources complémentaires

  • Publication scientifique : Disruption of the Orion Molecular Core 1 by the stellar wind of the massive star θ1 Ori C. C. Pabst, R. Higgins, J.R. Goicoechea, D. Teyssier, O. Berne, E. Chambers, M.Wolfire, S. Suri, R. Guesten, J. Stutzki, U.U. Graf, C. Risacher, A.G.G.M.Tielens. Nature, le 7 janvier 2019. http://dx.doi.org/10.1038/s41586-018-0844-1

Contact IRAP

  • Olivier Berné, olivier.berne@irap.omp.eu

Auteur : CNRS-INSU

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