Les cations de benzylium et tropylium identifiés comme les deux isomères stables de C7H7+

Des expériences menées par une équipe internationale impliquant l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP, Université de Toulouse/CNRS) et le Laboratoire de chimie et physique quantiques (LCPQ, Université de Toulouse/CNRS), ont permis d’identifier les deux isomères stables de l’ion C7H7+.

Cette figure fait l’objet d’une couverture du journal ChemPhysChem schématise la production de l’ion C7H7+ par ionisation dissociative du toluène et l’identification par spectroscopie infrarouge des deux isomères produits que sont les cations benzylium (droite) et tropylium (gauche).

L’ion C7H7+ est une espèce bien connue en spectrométrie de masse qui est formée par ionisation d’hydrocarbures comme le toluène. Les deux structures les plus stables proposées pour cet ion sont les ions benzylium et tropylium. Le premier (un benzène avec un groupe méthylène) a pu être identifié par sa réactivité chimique mais ce n’est pas le cas du second donc la structure composée d’un cycle aromatique à 7 carbones est prédite par les calculs de chimie quantique.

L’étude menée a tiré profit de l’installation de la ligne FELion sur le laser à électrons libres FELIX aux Pays Bas. FELion comprend un piège à ions cryogénique qui permet d’attacher un atome de gaz rare sur les ions étudiés. Cette technique dite de tagging permet de mettre en oeuvre une spectroscopie d’action par dissociation du complexe ion/atome de gaz rare avec un seul photon infrarouge contrairement à la technique généralement utilisée d’absorption multiple de photons afin d’atteindre le seuil de dissociation de l’ion. Cette technique présente l’avantage de sonder les ions sans les chauffer et donc sans perturber leur structure par des processus d’isomérisation.

Deux structures ont pu être identifiées pour C7H7+ et les spectres vibrationnels obtenus sont en accord avec ceux des ions benzylium et tropylium calculés avec la théorie de la fonctionnelle de la densité. De plus, des mesures en déplétion ont permis de montrer qu’aucun autre isomère n’était présent et ce pour différents précurseurs utilisés pour la production de C7H7+.

Ce travail d’identification des isomères de C7H7+ ouvre des perspectives pour l’étude des chemins de croissance des ions d’hydrocarbures dans des milieux complexes à la fois sur Terre (chimie des flammes, et des plasmas) ou dans l’espace (chimie interstellaire et des atmosphères planétaires comme Titan).

Ce travail interdisciplinaire (INSU/INP/INC) a été initié dans le cadre du projet ERC Synergy NANOCOSMOS en collaboration avec le CSIC (Madrid) et met en jeu une collaboration entre les Universités de Toulouse et de Cologne dans le cadre du réseau de formation Européen (ETN) EUROPAH.

Ressources complémentaires

Contact IRAP

  • Christine Joblin, christine.joblinSPAMFILTER@irap.omp.eu, 05 61 55 86 01

Plus d'actualités

Le Vélotour passe par l’IRAP Roche !

Ce dimanche 12 avril 2026, l’IRAP a ouvert ses portes aux cyclistes du Vélotour Occitanie. Une occasion unique pour les participant.e.s de découvrir les coulisses de la recherche en astrophysique […]

L’hétérogénéité du manteau martien remise en question

La structure et la dynamique du manteau martien sont encore mal comprises. Récemment, une équipe de chercheurs a proposé que le manteau de Mars contiendrait un grand nombre d’hétérogénéités héritées […]

Une aurore bleue observée sous nos latitudes : un phénomène rare et révélateur

Une équipe internationale impliquant des scientifiques du CNRS Terre & Univers et du CNRS Physique, a observé une aurore bleue exceptionnelle à moyenne latitude, révélant des conditions inédites d’interaction entre […]

Rechercher