Les modèles de la reconnexion magnétique validés par l’analyse de vingt ans de mesures
En permettant aux plasmas d’échanger leur connexion magnétique, le processus de reconnexion magnétique permet la libération soudaine d’énergie magnétique sous forme de particules accélérées et d’écoulement rapides et chauffés. Depuis plus d’un demi-siècle, la reconnexion est soupçonnée d’avoir un rôle de premier plan dans les scénarios expliquant les événements énergétiques intenses dans l’Univers, de la couronne solaire à celle des étoiles ou disques d’accrétion, des magnétosphères planétaires à celles de trous noirs et étoiles à neutron.
De par sa relative proximité, l’environnement spatial terrestre constitue un formidable laboratoire où les processus plasmas peuvent être étudiés par la mesure in situ des propriétés du plasma et du champ magnétique par des satellites. La reconnexion magnétique y joue un rôle important : elle connecte les champs magnétiques interplanétaire et terrestre, laissant pénétrer le plasma du vent solaire dans la magnétosphère, autrement confinée.
Pour expliquer ces événements souvent explosifs, la reconnexion doit cependant être assez rapide – une rapidité que les modèles numériques prédisent depuis 30 ans, mais que les mesures observationnelles peinaient à confirmer. C’est désormais chose faite grâce à une équipe constituée de chercheurs du CNRS, de l’ONERA, de l’Université de Toulouse, incluant l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP/OMP) et de la NASA. Cette dernière a procédé, à l’aide d’algorithmes d’apprentissage automatique, à l’analyse statistique du champ magnétique à la magnétopause1, de 20 ans de données mesurées in situ par 4 missions spatiales différentes dans la magnétosphère terrestre.
Ces résultats observationnels montrent l’importance que revêt l’exploration de notre environnement spatial pour la compréhension de processus fondamentaux. Ils illustrent également la part grandissante des algorithmes d’apprentissage automatique pour l’exploitation future du trésor que représentent les grands volumes de données mesurées au cours des décennies passées, et par les futures missions envisagées par la communauté.

Note
1 Interface entre le vent solaire et la magnétosphère
Laboratoires CNRS impliqués
- Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP/OMP) – Tutelles : CNRS / CNES / Université de Toulouse
- Laboratoire de Physique des Plasmas (LPP) – Tutelles : CNRS / Ecole polytechnique / Sorbonne université
Ressource complémentaire
- Publication scientifique : Statistical Estimate of the Magnetopause Reconnection Rate as a Function of the Interplanetary Magnetic Field Clock Angle, B. Michotte de Welle, N. Aunai, B. Lavraud, V. Génot, G. Nguyen, A. Ghisalberti, A. Jeandet, D. Sibeck, H. Connor, Geophysical Research Letters , 2025. DOI: 10.1029/2025GL119118
Contact IRAP
- Vincent Genot, vincent.genot@irap.omp.eu
