Le futur des réunions scientifiques

Les déplacements professionnels pour des événements tels que les conférences et les réunions représentent une partie importante de l’empreinte carbone des astronomes comme on peut le constater, par exemple, dans le bilan de gaz à effet de serre de l’IRAP (1). En outre, la communauté astronomique est diversifiée et internationale, ce qui n’est généralement pas bien représenté lors des événements en personne.


Figure 1 : Répartition des émissions de gaz à effet de serre de l’IRAP en 2019. Conférences et réunions scientifiques correspondent aux postes « Professional travels » et « Hotel accommodation » (1).

La communauté astronomique est en train de se saisir de ces problèmes. Un symposium virtuel sur le futur des réunions scientifiques « The future of meetings » a été organisé en 2020. Ses conclusions (2) ont été reprises récemment par l’organisation Astronomers for Planet Earth (A4E) pour fournir des lignes directrices pour une réduction de l’impact environnemental, ainsi que pour la diversité, l’équité et l’inclusion, dans les événements organisés par la communauté (3). A4E invite les organisateurs à définir clairement l’objectif de leurs événements, à expérimenter régulièrement de nouveaux outils et de nouvelles approches et à effectuer des évaluations de la satisfaction des participants. S’il est conclu qu’une réunion en personne est nécessaire, A4E encourage, entre autres, à offrir une option de participation virtuelle aux participants qui ne peuvent ou ne veulent pas se déplacer, à choisir le lieu de la réunion de manière à minimiser l’impact environnemental de l’événement et, chaque fois que cela est possible, à organiser dans le même lieu plusieurs événements avec des publics qui se chevauchent. Tout choix en désaccord partiel avec ces lignes directrices devrait être justifié par l’objectif de l’événement et communiqué de manière transparente à la communauté. En outre, les chercheurs en début de carrière et ceux issus de groupes traditionnellement sous-représentés devraient avoir la priorité pour les interactions en face à face (y compris l’allocation de fonds pour faciliter les déplacements).

Pour aller encore plus loin, une enquête menée en 2023 dans la communauté des astroparticules suggère qu’une réduction du nombre de réunions et de conférences pourrait être un moyen adapté pour répondre aux préoccupations concernant l’efficacité du processus de collaboration scientifique, ses effets sur l’environnement et le bien-être de la communauté (4).


Figure 2 : Perception du nombre de conférences disponibles dans le domaine des astroparticules selon les participants à l’enquête. Les réponses sont montrées en fonction du genre, du statut académique et de la zone géographique (4).

Parmi les participants à l’enquête, 51% pensent que le nombre de conférences est approprié, tandis que 39% pensent qu’il y a trop de conférences. La fraction des participants qui trouvent le nombre de conférences trop élevé varie en fonction du sexe, du statut académique et de la zone géographique. A l’exception des étudiants, plus de 25% des participants pensent qu’il y a trop de conférences, et cette fraction atteint 49% chez les femmes. Même si les raisons pour lesquelles le nombre de conférences est perçu comme trop important varient parmi les catégories, la solution préférée serait de réduire le nombre de conférences. A l’exception des doctorants et des postdoctorants, la fraction des participants qui suggèrent de réduire le nombre de conférences dépasse 15 % et atteint près de 29 % chez les femmes et 34 % chez les chercheurs affirmés.

La réduction de l’impact environnemental de nos réunions est un processus continu, et la communauté doit coopérer pour atteindre cet objectif. Ensemble, nous pouvons avoir un impact positif et créer un avenir plus respectueux de l’environnement et plus inclusif pour l’astronomie.

Ressources complémentaires

Contact IRAP

  • Luigi Tibaldo, luigi.tibaldo@irap.omp.eu

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