Nature, ambitions et moyens
La surveillance sismique ou sismologique (seismic monitoring en anglais) consiste à détecter, localiser et évaluer les tremblements de terre. Elle peut se pratiquer à différentes échelles : mondiale (la terre entière), régionale (un continent ou un pays), locale (un objet tectonique, une faille, une chaîne de montagnes), voire très ponctuelle (un ouvrage d’art, un réservoir profond). Ses objectifs sont multiples :
- à court terme, réactivité face à une catastrophe immédiate ou imminente ; la connaissance précise des paramètres principaux d’un séisme qui vient de se produire permet d’apporter des informations fondamentales dans le cadre de la gestion de crise ; par ailleurs, dans le cas d’un séisme sous-marin potentiellement source de tsunami, le danger peut être modélisé et parfois annoncé à la population.
- à plus long terme, connaissance de l’aléa sismique, c’est-à-dire du risque que se produise un séisme destructeur à l’échelle régionale ou locale ; cette connaissance de l’aléa suppose une très longue durée d’observation (plusieurs dizaines d’années), condition nécessaire à l’établissement de modèles physiques ou statistiques fiables.
- quelle que soit l’échelle de temps, participation à l’effort de recherche fondamentale en Sciences de la Terre ; les données sismologiques enregistrées, vibrations des couches solides ou liquides de notre planète, témoignent à la fois sur le phénomène qui les a engendrées (le séisme), et sur les régions profondes ou superficielles traversées par ces ondes. La plus grande partie de ce que l’on connaît sur l’intérieur de la Terre résulte de l’interprétation d’enregistrements sismologiques.
Pour fonctionner, la surveillance sismique s’appuie sur des réseaux de stations sismologiques. Ces stations enregistrent en continu les vibrations du sol. La densité et la fiabilité de ces réseaux sont les garants de l’efficacité (précision et continuité) de la surveillance. C’est la mise en commun et la comparaison des signaux enregistrés simultanément en plusieurs points de mesure qui permettent la détection des séismes et leur caractérisation précise. A l’échelle de la planète, ce sont plusieurs dizaines de milliers de stations qui épient en permanence les moindres vibrations naturelles et artificielles.Le terme de surveillance sismique convoie une part d’ambiguité. En aucun cas il ne s’agit d’une tentative de prévision, analogue à celle qui se pratique en météorologie. En effet, dans l’état actuel des connaissances, les séismes ne sont pas prévisibles. On devrait donc plutôt parler d’observation sismologique, au même titre que l’on parle d’observation astronomique.
Les acteurs de la surveillance sismique en France
Plusieurs organismes sont impliqués dans la surveillance du territoire français métropolitain :
- le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) : via son Département Analyse, Surveillance Environnement (DASE), il est chargé de l’alerte sismique sur le territoire français. Il dispose pour cela d’un réseau national homogène. Chaque séisme de magnitude supérieure à 4 fait l’objet d’une diffusion d’information rapide auprès des autorités compétentes (préfectures, services de sécurité civile, etc…).
- Le Réseau National de Surveillance Sismique (RéNaSS) : fédération de réseaux régionaux universitaires, porté par l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU-CNRS), il a pour objectifs majeurs la connaissance de l’aléa sismique et des structures profondes.
- Le Réseau Accélérométrique Permanent (RAP) : réseau national porté par l’INSU et le Ministère en charge de l’Environnement, il vise à fournir des enregistrements et des méthodes de calcul permettant de mieux comprendre le mouvement du sol en cas de séisme et la réponse des ouvrages de génie civil à ce mouvement.
Un regroupement de l’ensemble de ces acteurs est en cours, dans le cadre du grand projet RESIF (Réseau Sismologique et Géodésique Français).
Un dernier acteur, le Bureau Central Sismologique Français (BCSF), a pour mission de collecter les observations sismologiques relatives à la France et de faciliter leur diffusion. C’est en particulier lui qui est chargé des enquêtes macrosismiques (publication, collecte, dépouillement et interprétation) basées sur les témoignages et l’expertise des dégâts éventuels après un séisme. Le BCSF ne s’appuie pas sur un réseau de stations.
Le rôle du RSSP
Antenne du Réseau National de Surveillance Sismique dans le sud-ouest de la France, service d’observation de l’Observatoire Midi-Pyrénées (Université Paul Sabatier), le RSSP est chargé de mettre en oeuvre la surveillance au sens où l’entend le RéNaSS sur les Pyrénées françaises. Il maintient sur le domaine pyrénéen un réseau de stations sismologiques, en constante évolution. Il collecte et met en commun les données enregistrées par les différents acteurs locaux, français et espagnols. Il édite ainsi des bulletins synthétiques de la sismicité pyrénéenne. Son personnel, administrativement rattaché à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP, laboratoire de l’OMP) est également impliqué dans les grands projets de recherche menés par l’équipe de sismologie de l’Observatoire Midi-Pyrénées.
